Un fil en Soi

Les toiles présentées lors de l’exposition – Belgique 2018

L’histoire de l’Exposition

Un fil en Soi

En silence sur un fil, se pose le temps.
Le temps d’une pause, il rêve.
Le temps du rêve, l’inspiration s’empare du fil.
Le fil du récit prend forme.

Le fil, en soi, trouve le point de départ de toute la réflexion.

Pour nourrir son imagination, il s’attrape par un bout et remonte sur toutes ses coutures. Il s’observe et constate alors qu’au cours de son histoire, il s’est transformé de bien des façons. Trois brins principaux structurent sa tenue. Sa couleur varie selon ses émotions, sa composition selon ses expériences et sa solidité selon sa conscience.

Ensuite, empruntant le dédale de ses neurones, il se faufile à travers son inconscient. Dans la mémoire, il passe par la terre fertile des souvenirs d’enfance puis traverse un paysage de nature aux allures de conte de fée, où se prélassent les sujets d’inspiration. Il se laisse ensuite glisser le long d’un nerf et pendant sa descente, il s’imagine installé confortablement dans un cadre, étendu sur le fil du bois, entouré par d’autres qui, comme lui, aiment contempler la vie.

Après quelques temps, arrivé dans la région oculaire, le fil ouvre les yeux. Il se retrouve en pleine effervescence au milieu d’une salle remplie de monde. Quelque peu funambule, le fil s’aventure dans cette atmosphère. Il est tombé en pleine exposition!

– Ce doit être l’idée du cadre ce changement d’espace-temps… –

Un peu dérouté, il se mêle à la foule et écoute les conversations. Se promenant à travers ses congénères, il enregistre tout ce qu’il entend. De temps en temps, il s’arrête pour observer cette masse d’interactions permanentes. Dans la tourmente des voix, il ressent les liens invisibles qui unissent ces êtres originaux et particuliers. Intrigué, le fil sort de ce lieu artistique et reprend sa route.

Affamé, le fil s’installe à une terrasse. À la table d’à côté, une famille nombreuse déjeune déjà. Les enfants commandent des crêpes et salivent d’avance. Les parents discutent. Les grand-parents observent la scène en souriant. Les ancêtres sont là aussi… Le fil des générations est bien présent, on le reconnaît sur leurs visages et dans leurs vêtements. Ils semblent s’être habillés tous à la même enseigne.

– Certainement une des usines textiles du coin… –

Une bribe de conversation confirme cette hypothèse. L’arrière-grand-père possède une bonneterie qui livre même aux États-Unis !

– Ben voyons ! –

Le fil est ravi. Sirotant son thé, il admire la bienveillance sur les visages.

Le père s’exclame…

« Mon fils, quand tu seras grand, tu construiras des maquettes, des maisons, des ponts, des châteaux ou des galeries d’art… Ou bien, tu seras médecin, tu prendras soin de nous tous… Ou encore, tu reprendras les affaires de bon papa… Bref, quoique tu fasses, je serai toujours fier de toi! »…

 La mère se tourne vers la fille…

« À quoi penses-tu quand tu dessines ? Tu es bien silencieuse… Elles sont belles ces couleurs… Tu me raconteras hein… »

Le fil règle l’addition et s’en va en sifflotant.

Au détour d’un chemin, il s’arrête face à une grande bâtisse sur laquelle on peut lire un écriteau avec une adresse.

Faculté du Cœur
Cours de Joie et Gratitude, pavillon des expériences
Madame Communication Fluidité
Monsieur Bonheur Lamour
1, rue de la liberté,
1000, Laconscience

 Avec un sourire, le fil repart marchant le nez en l’air, dans ses pensées.

– Il enverra un dossier pour participer à ces cours, ce sera sympa ! –

Après quelques détours, il arrive aux abords d’une forêt. Un petit sentier le conduit jusqu’à une clairière où coule une cascade chantant les louanges de la nature. Le fil s’installe aux pieds d’un arbre et respire l’air frais. Ce lieu enchanteur le connecte à son énergie créatrice. D’un bond, il se lève et court jusqu’à son atelier dans le village d’à côté.

Assis sur son tabouret, le fil réfléchit. Après un tel voyage, il en a des choses à raconter. Avec tous les trésors ramassés, les rencontres et les expériences de sa route, son esprit bouillonne. Prenant ses trois brins les plus solides, il attrape ses aiguilles et tisse avec plaisir la trame de son histoire.

Au fil des mailles, il ajoute à sa création quelques grains de sable, du papier mâché et des coquilles d’œufs cassées trouvés sur le terrain de jeu de l’enfance. Repassant les conversations qu’il a enregistrées, le fil suspend son œuvre. Les mots se bousculent dans sa tête et il comprend ce qui anime ces gens. C’est subtil, fragile, spécial… Les relations, les liens… Et le voilà reparti au son des aiguilles. Il tisse des couleurs dorées par le soleil, lavées par la pluie, vieillies par le temps, restaurées par l’amour des gens.

L’œuvre est presque terminée, il la monte sur un cadre et s’apprête à couper le fil… Dans un souffle, les ciseaux se referment sur les brins et le tableau prend vie.

Le fil prend du recul.

– Une œuvre seule même dans un beau cadre, c’est triste… –

Alors, il range ses aiguilles, s’habille de blanc et sort dans la nuit, à l’affût de nouvelles histoires à raconter.

De fil en aiguille, l’œuvre a maintenant une famille liée par l’invisible lien de l’histoire du temps…

C’est l’histoire du fil de sa vie !

Et le temps passe !

 

Liste de prix

Pour connaître la disponibilité et les prix des toiles :  LISTE DE PRIX – WEB

Les tableaux disponibles sont visibles à l’Espace Monceau (Belgique) sur rendez-vous.

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