La cellule

Petit texte de création littéraire, inspiration des 9 derniers mois, vie, expérience, transformation !

Inspiration qui a donné lieu aux  ATELIERS CRÉATIFS

 

La cellule

Un festival d’hormones l’annonce depuis sept ou huit semaines. J’ai perdu le compte. À l’apparition des deux barres sur le test, une joie profonde a gagné mon cœur. Chaque petit changement physique nourrit des réflexions sur cet enfant rêvé depuis l’adolescence. Sous la peau fragile et translucide de mes seins gonflés, un nouveau réseau de minuscules artères bleues alimente la glande mammaire douloureuse. Les aréoles s’élargissent, les mamelons durcissent et s’allongent. Le ventre encore plat réclame la confection de petits plats inédits qui attisent les papilles. Les sons et les odeurs amplifiés réveillent des souvenirs d’enfance troublants et attisent la chimie du cerveau provoquant pleurs et rires incontrôlés. Les bouffées d’amour alternent avec la contemplation, les rêveries et les moments de plaisir. Tout évolue pour accueillir cet être délicat.

Vivement cette rencontre ! Découvrir son visage, son nez, ses petites lèvres charnues, ses mini doigts… Un moment magnifique, unique… Un p’tit gars ? Une fille ? Peu importe… La sage-femme, le père, ma mère, à la maison de naissance, dans l’eau. Ooh oui, le rêve ! Finis les suivis à l’hôpital, quel soulagement. Elle était sympa la gynéco mais trop médicale… Enfin, tout fonctionne en harmonie, plus aucun souci à se faire. Le bonheur total…

Le sommeil ne vient pas. Une colère sournoise suivie de son lot de pensées sombres m’envahit l’esprit. L’équilibre intérieur perd le nord détraquant les fonctions vitales. Rancœur, dégoût et rejet s’insinuent dans les interstices cérébraux. Panique générale. L’estomac a exigé une dose d’acide folique d’urgence.

Des chiffres rouges agressifs clignotent sur le four. La lumière blafarde du frigo projette sur les dalles de la cuisine l’ombre des dizaines de petits plats confectionnés avec amour par le futur papa. Malheureusement, il n’y a là aucune recette contenant l’ingrédient demandé. En dépannage, une carotte crue et une pomme verte reçoivent des coups de dents affamés et libèrent leur jus réconfortant. Un soupir d’aise s’échappe suivi de près par un grondement digestif douteux.

Le lit tangue. Le choix de sortie corporelle hésite. Des matériaux lourds roulent dans la région lombaire et des émanations toxiques accompagnées de bruits sourds transpirent sous les couvertures. Une tempête intérieure entraine les draps dans une valse endiablée. Des mouvements frustrés les bloquent entre les cuisses, les bras, le matelas, la joue, les paumes, devant, derrière, à droite puis à gauche. L’incohérence générale forme enfin une grosse boule de tissu qui s’évache sur le mur puis glisse sur le plancher.

Dormir… Ha! La belle affaire. Quel vague souvenir… Dire que c’était mon moment favori. Personne ne m’a prévenue. Elles disaient toutes « la grossesse c’est magique ». N’importe quoi. Mon cul oui ! Depuis quand l’insomnie est agréable ? Pfff. Et lui, pas plus gros qu’une fraise il m’impose déjà ses conditions de séjour. Bonjour la galère !

Deux lignes humides d’une colère contenue épousent mes tempes en direction des oreilles. Des petits réservoirs tamisent les sons. La tristesse refoule entre le plexus et la gorge en une pelote emmêlée bloquant le flux d’air. La poitrine tendue tressaute. Le découragement gagne du terrain jusqu’à atteindre le cœur qui s’éteint. La fragilité ronge les nerfs. La réalité tétanise. Une désillusion.

Où est le fil ? Le cordon existe pourtant. Il est là ce petit. Je le nourris, je le porte… Rien. Pas le moindre soubresaut, pas de palpitation joyeuse. Seulement douleur, inconfort et blessures. Quelle vie pesante et inutile. Un vrai désert affectif. Il n’a rien demandé lui. Un bébé a besoin d’amour pour grandir. Il sera minuscule ! Quelle horreur. Personne ne doit subir cette attitude. Une mauvaise mère, c’est tout ce qu’il aura le pauvre.

– Pourquoi me tout semble si difficile depuis que t’es là ? Ta présence me désarçonne. Je perds pieds tu sais. J’aimerais tellement capter ton monde à travers le mien pour répondre correctement à tes besoins. Je t’ai attendu toutes ces années pour me rendre compte que je suis incapable de gérer cette expérience. Tous mes repères m’échappent. Si jamais tu m’entends et que tu me comprends, aide-moi, guide-moi vers une solution. Je t’en supplie.

Une force impromptue m’envoie embrasser la cuvette qui reçoit une compote brunâtre à taches orangées typiquement acide charriant au passage, quelques morceaux dans la région nasale. Des gouttes incendiaires profitent de la cohue pour se faufiler le long des cuisses. Le froid de la planche en plastique réceptionne ma joue droite épuisée juste à côté d’une vieille auréole jaunasse.

Yeurk ! Non merci ! C’est une déclaration de guerre civile ou quoi ? Pas question de vivre cet enfer. Vomir, quelle merde ! Une visualisation heureuse. Vite. Une connexion à des souvenirs joyeux. Des ressentis paisibles. Des images chaleureuses. Vite, vite… Des larmes… Des larmes ?

– Tu te fiches de moi ! Je t’ai demandé un signe. J’avais confiance dans notre équipe et c’est ça ta réponse ? T’abuses ! Comment veux-tu que je m’occupe de toi si tu me traites en ennemie ? La torture ne m’aura pas, sache-le. Les menaces ne m’atteignent pas. De toute façon je n’ai besoin de personne et surement pas d’une petite crevette insignifiante. J’vois même pas pourquoi j’te parle. J’avais une vie moi, une belle vie même. Tu brises tout.

Les images mentales en rafale rivalisent de souffrance. Le canal du bonheur se heurte à un esprit englué dans la noirceur. La surprise amère assèche la bouche. Un râle se lamente en quittant mon corps mou recroquevillé au sol.

Neuf mois à tenir. Comment ? Impossible dans ces conditions. Quelle déception. Encore une nausée, une seule et je sature. Qu’est-ce que je croyais moi ? Tout le monde il est beau… Tout le monde il est gentil… Débile ! Une vraie gamine. Mais il ne me bousillera pas, jamais. Jamais !

– Hé toi là, pourquoi cette violence ? J’te préviens, je ne m’écraserai pas pour toi. Ce corps c’est chez moi, j’y fais ce que je veux. Alors, choisis ! Soit tu coopères, soit je nous trouve une solution radicale. Réfléchis bien !

Les bras réconfortants de mon amoureux m’accueillent en souriant. Amusé par mes cheveux hirsutes et mes yeux déconfits, il m’enveloppe tendrement pour me glisser en deux mouvements sous son corps doux animé de désir. Ses mains puissantes caressent mes hanches puis remontent sous le pyjama effleurant un sein. Une avalanche de baisers tente d’apaiser mes mâchoires serrées. Une rage l’envoie valser en bas du lit.

Et voilà ! Une petite graine et monsieur se prend pour un coq ! Il ne comprend riencelui-là. « C’est hormonal ma chérie… » qu’il dit! Qu’est-ce qu’il en sait lui ? Il se croit malin, compétent dans le domaine. Crédibilité zéro. Depuis quand l’homme vit une grossesse ? Ha ! Et ce désir, dégueulasse. Tout grossit à vue d’œil. J’enfle et monsieur trouve ça beau. Argh, quel con ! Pire, il se croit en terrain conquis. S’avancer ainsi sur ma peau, quelle arrogance. Et le petit glissé dans les profondeurs qui n’en fait qu’à sa tête. Ben voyons ! Le portrait craché de son père ! Non, une conspiration, une mutinerie familiale. Ils se sont ligués contre moi c’est une certitude… Mais je dois protéger cet enfant ! Et si son père est un violent ? Un menteur ? Un violeur ? Ha ! Ça oui. Il vient de se démasquer. Et qu’il n’envisage même pas de remonter sur le lit ce salaud, il goûtera ma…

Douze marches acajou et un palier disparaissent laissant la glorieuse céramique blanche récupérer quelques restes douteux. Une vague mentholée redresse la situation buccale tant bien que mal. L’œsophage brûle. Le miroir défiant s’en mêle.

C’était la gerbe de trop ! Une solution radicale… Bingo ! Des sushis et du tartare. Hahaha, yes ! Mes plats préférés interdits. L’arme parfaite ! Une petite place mal fréquentée sur le point de fermer pour cause d’hygiène. Oui, oui, oui. Toxoplasmose et compagnie bienvenue ! Bébé out ! Maman libre ! Haha !

– T’as entendu petit malin. J’en ai bientôt fini avec toi. Tu peux bien me tester, me mener à bout, je ne craquerai pas, tu cèderas le premier. Je retrouverai enfin mon moi d’avant. Tu te rends compte de ce que tu me fais vivre ? Je suis moche de partout maintenant que tu t’es installé. Demain, j’agis.

L’évier tourne. Le comptoir s’échappe. Les murs blancs, le carrelage blanc, des miroirs diaboliques partout, des ronds de lumière, des tremblements. Un vertige. Au loin, un point. La douche. Dernier espoir.

L’eau jaillit en gouttelettes ruisselant sur ma peau nue. La chaleur installe une atmosphère de paix. Le silence. Seule la musique de l’air frissonne aux rythmes des battements du chant de la vie qui racontent la sagesse des vagues du temps, le métissage des histoires humaines, la richesse de l’humanité… L’univers plane. Une petite masse s’est allongée dans l’utérus, déposée sur la paroi, sereine.

Une merveille. Un enfant soleil, un bébé de l’été. Il sera indépendant mais câlin, autonome et souriant. Son énergie est belle et douce. Une source de bonheur…

Les gouttes martèlent mon ventre en y creusant de petits cratères éphémères roulant ensuite le long du bassin en longeant les arrêtes courbes de mes fesses. Elles se jettent en une rivière au fond de la baignoire jusqu’au bouchon. Le niveau monte.

– Petite crapule adorée, personne ne viendra te toucher. Tu es mon cadeau, mon futur. Enfin, tu partiras quand tu voudras, quand tu seras prêt. Tu m’apprendras la vie et puis tu me feras voir le monde avec tes yeux insouciants et ton cœur léger. Les idées d’inventions pour nourrir ton univers ne manquent pas. Tu verras ! Je t’attends.

Dans la torpeur des vapeurs d’eau chaude, un lien doux et tendre se tisse. Une étincelle vacille, grandissante. La détente musculaire prend place accompagnée d’un sourire béat et de soupirs. Mes mains cajoleuses posées sur le bas ventre tentent une communication physique.

– On pourrait se parler en code. Par petits coups. Ça serait génial. Bon, oui, pas avant la dix-huitième ou même vingtième semaine qu’on m’a dit. Mais on s’en fout des « on »…

Un visage masculin dans l’entrebâillement de la porte évite de justesse une bouteille de shampoing vengeresse.

– Mais t’es malade ! Pourquoi t’as balancé la bouteille ? Est-ce que je lance des objets à la figure des gens moi ? Il ne t’a rien fait ton père. Il te voulait autant que moi. Tu n’as pas le droit d’utiliser mon corps pour faire valoir tes sautes d’humeur. On était bien tous les deux-là. Il aurait même pu nous rejoindre. Et puis, ton comportement dépasse les limites de l’acceptable. Depuis quand les bébés saccagent tout ? Tu t’es installé dans cet utérus alors tu t’adaptes. Qu’est-ce qui t’as pris ? L’idée des sushis ne t’a pas suffi ? Alors, accroche-toi bien parce que je viens d’en avoir une autre, plus rapide, plus efficace.

La respiration bloquée, l’eau submerge mon visage déterminé à en finir avec cet être sans scrupules. L’air se raréfie jusqu’au manque d’oxygène. Les muscles se contractent puis se relâchent au rythme de plus en plus lent des battements du cœur. La noirceur gagne l’esprit. Seuls les bruits lointains du quotidien résonnent encore. Quelques bulles se dandinent vers la surface.

Non ! J’suis même pas capable !

La luminosité m’éclate les pupilles et des jets savonneux s’écoulent des orifices. Une toux grasse évacue quelques molécules visqueuses. Le miroir pleure son âme.

– Pardonne-moi, mon amour, pardon. Je suis désolée, je ne me reconnais plus. Ton arrivée ébranle toutes les conceptions de la grossesse que j’avais. Je m’excuse. Mes actes ont dépassé ma pensée. Je ne sais pas ce qui m’arrive. Mes bases ne tiennent plus. J’apprivoise mal les changements. Je ne veux que ton bien. J’ai la trouille. Je me rends compte que j’ai du travail à faire sur moi pour pouvoir t’offrir une vraie place, ta place. Unique. Tu sais, même si tu as pris d’assaut ma vie et mon corps, je t’aime mon bébé, je t’aime.

Pendant ce temps…

À l’univers,

Je suis toujours là, je crée toujours… Différemment !

L’œuvre en cours est spéciale et particulièrement inspirante…

***

La cellule

Un festival d’hormones l’annonce depuis sept ou huit semaines. J’ai perdu le compte. À l’apparition des deux barres sur le test, une joie profonde a gagné mon cœur. Chaque petit changement physique nourrit des réflexions sur cet enfant rêvé depuis l’adolescence. Sous la peau fragile et translucide de mes seins gonflés, un nouveau réseau de minuscules artères bleues alimente la glande mammaire douloureuse. Les aréoles s’élargissent, les mamelons durcissent et s’allongent. Le ventre encore plat réclame la confection de petits plats inédits qui attisent les papilles. Les sons et les odeurs amplifiés réveillent des souvenirs d’enfance troublants et attisent la chimie du cerveau provoquant pleurs et rires incontrôlés. Les bouffées d’amour alternent avec la contemplation, les rêveries et les moments de plaisir. Tout évolue pour accueillir cet être délicat.

Wouhouuuu ! Vivement cette rencontre ! Découvrir son visage, son nez, ses petites lèvres charnues, ses mini doigts… Un moment magnifique, unique… Oui ! Un p’tit gars ? Une fille ? Peu importe, magie, magie… La sage-femme, le père, ma mère, à la maison de naissance, dans l’eau. Ooh oui, le rêve ! Finis les suivis à l’hôpital, quel soulagement. Elle était sympa la gynéco mais trop médicale… Enfin, tout fonctionne en harmonie, plus aucun souci à se faire. Le bonheur total…

Le lit tangue. Le choix de sortie corporelle hésite. Des matériaux lourds roulent dans la région lombaire et des émanations toxiques accompagnées de bruits sourds transpirent sous les couvertures. Une tempête intérieure entraîne les draps dans une valse endiablée. Des mouvements frustrés les bloquent entre les cuisses, les bras, le matelas, la joue, les paumes, devant, derrière, à droite puis à gauche. L’incohérence générale forme enfin une grosse boule de tissu qui s’évache sur le mur puis glisse sur le plancher.

Dormir… Ha! La belle affaire. Quel vague souvenir… Dire que c’était mon moment favori. Personne ne m’a prévenue. Elles disaient toutes « la grossesse c’est magique ». N’importe quoi. Mon cul oui ! Depuis quand l’insomnie est agréable ? Pfff. Et lui, pas plus gros qu’une fraise il m’impose déjà ses conditions de séjour. Bonjour la galère !

Deux lignes humides d’une colère contenue épousent mes tempes en direction des oreilles. Des petits réservoirs tamisent les sons. La tristesse refoule entre le plexus et la gorge en une pelote emmêlée bloquant le flux d’air. La poitrine tendue tressaute. Le découragement gagne du terrain jusqu’à atteindre le cœur qui s’éteint. La fragilité ronge les nerfs. La réalité tétanise. Une désillusion.

Où est le fil ? Le cordon existe pourtant. Il est là ce petit. Je le nourris, je le porte… Rien. Pas le moindre soubresaut, pas de palpitation joyeuse. Seulement douleur, inconfort et blessures. Mais quelle vie pesante et inutile, merde. Un vrai désert affectif. Il n’a rien demandé lui. Ça a besoin d’amour pour grandir un bébé. Il sera minuscule ! Voilà ! Quelle horreur… Attitude de merde ma vieille ! Une mauvaise mère, c’est tout ce qu’il aura le pauvre.

Une force impromptue m’envoie embrasser la cuvette qui reçoit une compote brunâtre à taches orangées typiquement acide, charriant au passage quelques morceaux dans la région nasale. Des gouttes incendiaires profitent de la cohue pour se faufiler le long des cuisses. Le froid de la planche en plastique réceptionne ma joue droite épuisée juste à côté d’une vieille auréole jaunasse.

Yeurk ! Non merci ! C’est une déclaration de guerre civile ou quoi ? Pas question de vivre cet enfer. Vomir, quelle merde, c’est dégueulasse, j’haïs ça moi, le pire truc de ma vie ! Une visualisation heureuse. Vite. Une connexion à des souvenirs joyeux. Des ressentis paisibles. Des images chaleureuses. Vite, vite… Des larmes… Des larmes ?

 

 – Tu te fiches de moi ! Je t’ai demandé un signe. J’avais confiance dans notre équipe et c’est ça ta réponse ? T’abuses ! Comment veux-tu que je m’occupe de toi si tu me traites en ennemie ? La torture ne m’aura pas, sache-le ! Les menaces ne m’atteignent pas. De toute façon je n’ai besoin de personne et surement pas d’une petite crevette insignifiante. Je vois même pas pourquoi j’te parle. J’avais une vie moi, une belle vie même. Tu brises tout.
Les images mentales en rafale rivalisent de souffrance. Le canal du bonheur se heurte à un esprit englué dans la noirceur. La surprise amère assèche la bouche. Un râle se lamente en quittant mon corps mou recroquevillé au sol.

Neuf mois à tenir. Comment ? Impossible dans ces conditions. Déception, pouah. Encore une nausée, une seule et je sature. Qu’est-ce que je croyais moi ? Tout le monde il est beau… Tout le monde il est gentil… Débile ! Une vraie gamine. Mais il ne me bousillera pas, jamais. Jamais !

 

– Hé toi là, pourquoi cette violence ? J’te préviens, je ne m’écraserai pas pour toi. Ce corps c’est chez moi, j’y fais ce que je veux. Alors, choisis ! Soit tu coopères, soit je nous trouve une solution radicale. Réfléchis bien !

 

Les bras réconfortants de mon amoureux m’accueillent en souriant. Amusé par mes cheveux hirsutes et mes yeux déconfits, il m’enveloppe tendrement pour me glisser en deux mouvements sous son corps doux animé de désir. Ses mains puissantes caressent mes hanches puis remontent sous le pyjama effleurant un sein. Une avalanche de baisers tente d’apaiser mes mâchoires serrées. Une rage l’envoie valser en bas du lit.

Ha ! Et ce désir, dégueulasse. Tout grossit à vue d’œil. J’enfle et monsieur trouve ça beau. Argh, quel con ! Pire, il se croit en terrain conquis. S’avancer ainsi sur ma peau, quelle arrogance. Et le petit glissé dans les profondeurs qui n’en fait qu’à sa tête. Ben voyons ! Le portrait craché de son père ! Non, une conspiration, une mutinerie familiale. Ils se sont ligués contre moi c’est une certitude… Mais je dois protéger cet enfant ! Et si son père est un violent ? Un menteur ? Un violeur ? Ha ! Ça oui. Il vient de se démasquer. Et qu’il n’envisage même pas de remonter sur le lit ce salaud, il goûtera ma…

 Douze marches acajou et un palier disparaissent laissant la glorieuse céramique blanche récupérer quelques restes douteux. Une vague mentholée redresse la situation buccale tant bien que mal. L’œsophage brûle. Le miroir défiant s’en mêle.

La gerbe de trop ! Une solution radicale… Bingo ! Des sushis et du tartare. Hahaha, yes ! Mes plats préférés interdits. INTERDITS !!! Sérieux… L’arme parfaite ! Une petite place mal fréquentée sur le point de fermer pour cause d’hygiène. Oui, oui, oui. Toxoplasmose et compagnie bienvenue ! Bébé out ! Maman libre ! Haha !

 

– T’as entendu petit malin. J’en ai bientôt fini avec toi. Tu peux bien me tester, me mener à bout, je ne craquerai pas, tu céderas le premier. Je retrouverai enfin mon moi d’avant. Tu te rends compte de ce que tu me fais vivre ? Je suis moche de partout maintenant que tu t’es installé. Demain, j’agis.

 

L’évier tourne. Le comptoir s’échappe. Les murs blancs, le carrelage blanc, des miroirs diaboliques partout, des ronds de lumière, des tremblements. Un vertige. Au loin, un point. La douche. Dernier espoir.

L’eau jaillit en gouttelettes ruisselant sur ma peau nue. La chaleur installe une atmosphère de paix. Le silence. Seule la musique de l’air frissonne aux rythmes des battements du chant de la vie qui racontent la sagesse des vagues du temps, le métissage des histoires humaines, la richesse de l’humanité… L’univers plane. Une petite masse s’est allongée dans l’utérus, déposée sur la paroi, sereine.

Une merveille. Un enfant soleil, un bébé de l’été. Il sera indépendant mais câlin, autonome et souriant. Son énergie est belle et douce. Une source de bonheur…

 Les gouttes martèlent mon ventre en y creusant de petits cratères éphémères roulant ensuite le long du bassin en longeant les arrêtes courbes de mes fesses. Elles se jettent en une rivière au fond de la baignoire jusqu’au bouchon. Le niveau monte.

 

– Petite crapule adorée, personne ne viendra te toucher. Tu es mon cadeau, mon futur. Enfin, tu partiras quand tu voudras, quand tu seras prêt. Tu m’apprendras la vie et puis tu me feras voir le monde avec tes yeux insouciants et ton cœur léger. Les idées d’inventions pour nourrir ton univers ne manquent pas. Tu verras ! Je t’attend

 

Dans la torpeur des vapeurs d’eau chaude, un lien doux et tendre se tisse. Une étincelle vacille, grandissante. La détente musculaire prend place accompagnée d’un sourire béat et de soupirs. Mes mains cajoleuses posées sur le bas ventre tentent une communication physique.

 

– On pourrait se parler en code. Par petits coups. Ça serait génial. Bon, oui, pas avant la dix-huitième ou même vingtième semaine qu’on m’a dit. Mais on s’en fout des « on »…

 

Un visage masculin dans l’entrebâillement de la porte évite de justesse une bouteille de shampoing vengeresse.

 

– Mais t’es malade ! Pourquoi t’as balancé la bouteille ? Est-ce que je lance des objets à la figure des gens moi ? Il ne t’a rien fait ton père. Il te voulait autant que moi. Tu n’as pas le droit d’utiliser mon corps pour faire valoir tes sautes d’humeur. On était bien tous les deux-là. Il aurait même pu nous rejoindre. Et puis, ton comportement dépasse les limites de l’acceptable. Depuis quand les bébés saccagent tout ? Tu t’es installé dans cet utérus alors tu t’adaptes. Qu’est-ce qui t’as pris ? L’idée des sushis ne t’a pas suffi ? Alors, accroche-toi bien parce que je viens d’en avoir une autre, plus rapide, plus efficace.

 

La respiration bloquée, l’eau submerge mon visage déterminé à en finir avec cet être sans scrupules. L’air se raréfie jusqu’au manque d’oxygène. Les muscles se contractent puis se relâchent au rythme de plus en plus lent des battements du cœur. La noirceur gagne l’esprit. Seuls les bruits lointains du quotidien résonnent encore. Quelques bulles se dandinent vers la surface.

Non ! J’suis même pas capable !

La luminosité m’éclate les pupilles et des jets savonneux s’écoulent des orifices. Une toux grasse évacue quelques molécules visqueuses. Le miroir pleure son âme.

 

– Pardonne-moi, mon amour, pardon. Je suis désolée, je ne me reconnais plus. Ton arrivée ébranle toutes les conceptions de la grossesse que j’avais. Je m’excuse. Mes actes ont dépassé ma pensée. Je ne sais pas ce qui m’arrive. Mes bases ne tiennent plus. J’apprivoise mal les changements. Je ne veux que ton bien. J’ai la trouille. Je me rends compte que j’ai du travail à faire sur moi pour pouvoir t’offrir une vraie place, ta place. Unique. Tu sais, même si tu as pris d’assaut ma vie et mon corps, je t’aime mon bébé, je t’aime.

***

MERCI bébé ! ❤️❤️❤️

À très bientôt

Aline Flore

 

*** Texte écrit dans le cadre d’un cours de création littéraire à l’université.

Humain ?

À la partie souffrante du reflet dans le miroir…

La douleur face à la bêtise humaine est tellement grande, y compris face à la mienne, que l’urgence de la révolte en devient oppressante.

Pour accéder à mon pouvoir d’action, j’accepte de voir la réalité que j’ai créé jusqu’à aujourd’hui et de me pardonner d’avoir si longtemps refusé l’enseignement, d’avoir boycotté les opportunités de grandir, d’avoir fermé les yeux sur la vérité du monde que j’ai tantôt idéalisée tantôt noircie par soucis émotionnel. « Pour m’en sortir »… enfin, c’est ce que je pensais!

Je comprends le leurre dans lequel je me suis plongée…

La douleur du monde…

J’accepte la souffrance qui en résulte. Me sentir inculte, inutile, inodore, insipide… et je choisis d’inverser la vapeur. Je choisis de construire mon univers selon mes valeurs propres, celles qui vibrent en moi comme justes et « plus grandes que moi ». J’écoute la petite voix et je mets mon être entier à son service.

J’augmente mon degré de vigilance et de pertinence dans l’ouverture à ma propre histoire. J’accepte la critique constructive, le commentaire poussant au dépassement de soi.

Je comprends la nécessité de protéger mon énergie, de la diriger dans ce qui compte vraiment, de nourrir l’amour qui m’habite pour en diffuser d’avantage à ceux qui en comprendront sa profondeur et sa force.

Je choisis de me nourrir de tout et d’expérimenter la matière.

La suite ? Seul aujourd’hui me le dira!

Merci à ceux qui ont compris et nourri mon soleil intérieur jusqu’à ce que je sois prête à l’accueillir et à le chérir par moi-même. Et à tous ceux qui continueront de le faire !

À ma famille…

À mes amis…

À mes professeurs…et +

À mon amour…

À ma famille élargie…

À tous ceux qui ont croisé, challengé, compris, détruit, montré du doigt, questionné, etc… ma vie.

MERCI !❤️❤️❤️

À très bientôt

Aline Flore

Jeux on joue !

Au reflet dans le miroir, à sa partie qui joue, à son âme d’enfant…

Carottes compote ! Voilà le menu !
Et si t’es sage, t’auras peut être droit au brownies au chocolat qui t’as fait de l’œil tout à l’heure ! Ce petit carré d’une douceur coupable… cette espace de récompense souffreteuse.

Mais le plaisir est sans condition ! Alors sage ou non, l’adulte choisira!

Briser les frontières…

Qui a mis cette frontière?
Qui choisit de la garder vivante ?
Qui la nourrit ?
Qui vit des émotions contradictoires parce que cette frontière existe ?
Existe elle vraiment ?
La frontière n’est elle pas une construction mentale ? Individuelle ou collective à l’occasion … culturelle aussi… familiale souvent…

Et l’enfant est loyal, inconsciemment…
Jusqu’à ce qu’il se rende compte de sa liberté de choix… il s’oppose… il grandit!
Il rejette ce qu’il a appris, il décide d’explorer par lui même, se forger son opinion selon son expérience…

La petite fille effrayée, collage.

L’enfant est malin, curieux.

Et puis, quand l’expérience prend du sens, il la conserve. Et si cette expérience est déloyale à ses apprentissages, alors il souffre. Au risque de s’y perdre.

Affirmer son identité, c’est affirmer la valeur de son expérience humaine…

Et l’expérience est personnelle, unique…
L’être humain est unique, riche de son expérience.

Et l’expérience humaine est riche du nombre d’humains qui la vivent… différemment !

Il existe autant de version de moi qu’il existe de personnes sur la planète !un univers multiple, facetté, complexe, et en évolution permanente…

Je suis multiple !
Les miroirs de Mamy et Papy me le montraient quand j’étais petite !

Je suis unique et multiple !
Et je transporte la mémoire de mes expériences…
Je suis un univers mouvant…
Et j’ai une histoire définie…

J’ai confronté mes frontières pour les dépasser. Imagine !

Et l’enfant rêve et joue à travers le monde…

À très bientôt

Aline Flore

ô chat !

Au reflet du miroir, à la partie d’âme féline et câline…

À tes pattes de velours qui piétinent mes tensions…
À ton petit museau rose et tes barbiches qui me chatouillent la peau…
À ton beau pelage lustré et doux qui glisse entre mes doigts…
À tes miaous roucoulants qui me font sourire…
À tes yeux verts qui m’observent…

J’aime tes câlins, ton amour sans conditions, tes moments de folie, tes jeux incohérents, ton attitude colleuse, ta présence rassurante…

Je t’aime

 

À très bientôt

Aline Flore

Épicure disait …

Au reflet d’âme dans le miroir, à ma partie amoureuse et épicurienne…

Parce qu’il parait, d’après des légendes urbaines et ancestrales, qu’il ne faut pas abuser des bonnes choses!

Question de point de vue !
Pour ma part, je choisis de vivre pleinement ces bonnes choses, de les expérimenter…
Des doigts enfarinés, en passant par le sirop d’érable, le zeste d’orange, le gingembre, les canneberges, les amandes moulues, noix du Brésil, sans oublier le beurre, le sucre, le lait, … j’ai expérimenté les scones création sorcière(inspiration directe de La brume dans mes lunettes et de sa reine Mademoiselle A! Merci du fond du cœur…) comme j’aime le dire quand on me demande la recette… bah oui là ! Les ingrédients secrets… les mesures à pouf (Jofroi Cabiac et ta chanson belge 💕) …

Mais l’expérience ne serait pas complète sans son aspect gustatif ! La pâte non cuite c’est déjà excellent -même si les œufs pas cuits c’est pas bon pour la santé dirait un certain maître – …

Alors j’expérimente! Et j’agrémente le tout d’un café latté…

Mais je ne m’arrête pas là, je prolonge le plaisir de vivre jusqu’aux effluves de bananes enrobées d’amour qu’à préparé un homme dont les bras sont des coussins moelleux qui réchauffent le cœur par ce Québec neigeux…

Là, l’expérience y est!

Et elle porte le bonheur, la joie, l’amour à leurs meilleurs et mon être se remplit de souvenirs chaleureux que je transmettrai bientôt en couleurs…

Amour de vie !
Vie d’amour !

Chéri chérit bonheur!
Bonheur chéri !

Lalalalalalèèèèreeeeuuuu

🤪🤩

À très bientôt

Aline Flore

Photo : collage « La folle de la bouffe », partie d’âme gourmande et sucrée

Photo : L’amoureuse…

 

Mise à nu

Au reflet du miroir, conversation avec l’être intérieur, miroir du monde, profondeurs d’âme.

Pensées sans but…
moment d’inspiration…

Collage : l’amitié

J’aime écrire, les mots se bousculent et rebondissent à l’intérieur jusqu’à ce qu’ils s’alignent pour former des phrases. La page blanche est un cadeau, une occasion magique pour y coucher toutes les lettres qui le souhaitent… alors j’écris, j’improvise, ça coule tout seul.

Parfois ça bloque, le barrage des mots se cache dans ma gorge, les mots s’étranglent. J’écris comme je parle… alors…
Parfois même je vomis !

Quand il s’agit de parler ouvertement, de dire la douleur, la colère, l’angoisse, la frustration, l’amour, la joie, le plaisir, le bonheur… ma voix se noue… et c’est le silence qui se présente. Les mots parlés s’étouffent. L’écriture devient alors un exutoire, une libération, un moment de paix et de réflexion. L’esprit se dépose sur les pages, les carnets se noircissent et pleurent, rient, hurlent, crachent, chantent… jusqu’à ce que la page se tourne. Alors le calme devient l’expression de la paix retrouvée, de l’amour ressenti, de la compréhension intégrée…

Puis la peinture imprime en couleur tout le chemin parcouru.
Les couleurs vibrent les émotions vécues, les textures sont le terrain accidenté, riche et fertile de l’inspiration.

La tempête gronde à l’intérieur, elle déplace des montagnes d’une énergie créatrice qui dépasse mon imagination. Ça hurle sans cesse.

J’ai commencé des travaux de dynamitage!

Les bâtons sont placés stratégiquement… le lit de la rivière reprendra bientôt sa forme d’origine, ses berges infinies, ses trésors de la nature qui l’entourent…

Collage : Subtilité éphémère

Je suis tantôt un fleuve, tantôt un ru… mes eaux sont impétueuses et débordent régulièrement emportant avec elles toute la souffrance qui traîne… on nettoie tout pour laisser la place à la création d’un monde juste aux valeurs partagées, ressenties…
Le flot des émotions épouse le terrain… la paix revient. Mais le grondement de la chute d’eau n’est jamais loin.

Ma douleur est une source de grandeur. Je transforme mes tourments en tableaux lumineux.
Je suis la médiatrice écartelée entre un monde sombre et triste et une terre idéalisée.

Je crée aujourd’hui la réalité telle qu’elle est dans tout son éclat! Chaque facette de lumière implique une ombre et une zone neutre. Cette zone neutre, grise, est riche de ces mondes opposés.

Ce que mes yeux pleurent mon cœur l’assimile, ma parole l’écrit et mes doigts le transforme en toiles.

Je suis médiatrice, interprète du monde, de ses beautés et ses laideurs, de son unicité et son immensité.

Ce travail est infini !

Ce texte me vient d’une inspiration qu’un mail à éveillé en moi, des messages d’un artiste, d’un passé incroyable peuple de personnes géniales, d’un présent magique et d’une rencontre nécessaire à mon équilibre…

Et tous mes amis, famille, rencontres… TOUS!

Merci du fond du coeur d’être là ❤️

À très bientôt

Aline Flore

J’arrive !

Au reflet du miroir, parcelle d’âme lumineuse…

J’arrive !

Collage : le créateur

Je clôture quelques dossiers et je prépare ma valise! Garde moi une place de choix auprès de ta chaleur humaine, j’ai un univers à construire. Les plans et le matériel sont prêts et bientôt j’accueillerai tous ceux qui souhaitent participer à ce projet d’envergure.

J’arrive!

Je rempli le réservoir et je décolle! Garde moi quelques étoiles libres pour m’y reposer à l’occasion et prends soin de prévenir tous les êtres de cette révolution pour qu’ils ouvrent leur porte!

J’arrive !

J’écris mon discours et je vends mes meubles ! Garde moi quelques miettes à grignoter en route, le voyage sera long et savoureux, la richesse du monde m’attend, un humain à la fois, au soleil de la conscience.

J’arrive !

Je rassemble mes trésors et je préviens les miens. Garde moi une place auprès du feu, j’y reviendrai régulièrement réchauffer mon esprit et le nourrir de tes paroles aimantes et rassurantes.

J’arrive !

Collage : L’origine du monde.

Voyage au cœur du monde.
Voyage au centre de l’âme.
Voyage de l’esprit incarné.

L’identité est mon objectif, l’accueil mon véhicule, l’amour ma communication, les mots mon exutoire, la peinture mon cadeau.

J’arrive !

À la croisée des chemins je construis une vaste pleine aux nombreuses directions, la mienne sera l’immensité. Je prends toutes les routes à la fois, j’y ramasserai les fleurs les plus exotiques et j’y croiserai les êtres les plus délicieux.

J’arrive !

Mon pelage est lisse et chatoyant, mon museau capte les effluves planétaires, mon instinct s’allume pour la chasse…

J’arrive !

Ma tanière est prête à accueillir une nouvelle vie, à adopter un nouveau rythme, à construire de nouveaux horizons.

Je suis là !

L’étudiante !

L’étudiante ! C’est le titre d’un film avec Sophie Marceau… J’aime ce film !

L’université…

J’ai rendez-vous jeudi matin avec cette partie de moi. Celle qui aime apprendre, découvrir des nouveautés, approfondir ses connaissances, nourrir sa créativité…

Création littéraire !

C’est ce que je vais faire pour commencer.

Et pour offrir le cadeau de retourner sur les bancs de l’école à ma petite étudiante, j’ai un projet…

Un projet que je vais bientôt partager au monde, un projet artistique en gestation… Je l’ai appelé « Mon petit miracle de l’année ».

Ça va être magnifique !

Paradoxalement soi…

As-tu déjà écouté l’Ave Maria ?
 
Je l’ai dans les oreilles là, en ce moment, il envahit mes neurones… Et mon cerveau décroche !
 
Cette voix de femme, ça te perce le corps ! Ça me touche tellement, j’ai du mal à gérer ça ! Dans mes oreilles, ça va, puis on s’entend que le volume est presque au maximum là… Mais par contre, l’écouter dans mon auto les fenêtres ouvertes ! Quel malaise…
 
Imagine quand c’est cet homme que je connais qui chante live, de l’opéra, en pleine rue… Moi, je disparais !
 

I don’t care ! Collage.

J’me fais rire au final avec ce paradoxe incroyable…

 
Une artiste qui veut être vue sans se faire voir… Sans déranger !
Mais merde à la fin ! J’en ai ma claque moi de rester confinée derrière mes lunettes fumées ! Si j’osais, aaaaaah si j’osais !
Je me promènerais toute nue ! Tiens ! Rien de moins… De la provocation tu dis ? Pas du tout ! De l’amour et de l’acception de soi, à nu!
 
Évidemment, c’est une image… Quoique !
 
Alors, petite cocotte peureuse que je suis…
 
Je tente la justification… En fait, j’ai peur de moi-même ! Peur de ce que je serais capable de faire si je n’en avais rien à faire de ce que tu peux bien en penser ! J’en ferais des conneries, ça, je te le dis ! Des conneries douces, dans le genre blagues, expériences et déplacement de montagnes, parce que ma santé j’y tiens, tu vois c’que je veux dire…
 
Et toi, petite voix aux yeux accusateurs, tu n’y pourrais rien, tu serais catastrophée ! Voyons ! Cette éducation !!!!!!!!!! C’est con !

La voix juste. Collage.

Alors en attendant, je me contente de faire tout ce dont je rêve en silence, dans mon atelier…
 
Si seulement j’osais ! J’en ai tellement des choses à dire ! Tellement ! Alors, j’écris… Me lis-tu ?
 
As-tu déjà fait péter ces barrières-là toi, les barrières du « sans gêne »… ???
 
Ça me semble tellement complexe.
 
Raconte-moi comment tu fais, je veux tout savoir !